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Innovante, la Suisse ne doit pas se reposer sur ses lauriers.

31 mars 2021

Innovante, la Suisse ne doit pas se reposer sur ses lauriers.

Innovante, la Suisse ne doit pas se reposer sur ses lauriers.

 

Depuis maintenant neuf années consécutives, notre magazine sélectionne les meilleures startups du pays, cela avec l’aide d’un jury d’une douzaine d’éminents spécialistes. Vous y découvrirez peut-être de futures licornes, à l’exemple de MindMaze que nous vous présentions en 2014. Afin de toujours mieux coller à vos exigences de qualité, nous avons renoncé à vous en présenter 50 pour miser sur l’excellence. Le jury a donc gardé 31 jeunes pousses innovantes actuellement à la recherche de fonds. A relever que ce sont les secteurs de la biotechnologie et des sciences de la vie qui sortent du lot. Est-ce une surprise ?

 

La bonne nouvelle, c’est que la pandémie ne semble pas avoir trop durement frappé les startups établies en Suisse, même si on assiste à un recul de 7,4% du montant total investi dans de jeunes entreprises, soit 2,1 milliards de francs en 2020. La Suisse reste un pays où l’innovation règne en maître. Cependant, le ciel n’est pas dénué de nuages. Comme Swissmem le relevait récemment, cette position de leader reposerait surtout sur la force d’innovation de quelques grandes entreprises. Il semble que depuis quelques années, les PME suisses investissent toujours moins dans leurs activités de développement. Pour maintenir cette position enviable, il va s’agir de construire davantage de ponts entre le monde académique et l’industrie. Nous vous dévoilons l’heureuse initiative du groupe Debiopharm qui vient de signer un premier partenariat avec l’Université de Genève et son Institut des sciences pharmaceutiques de Suisse occidentale. L’idée est de tirer parti du partenariat intervenu entre les secteurs privé et public durant cette pandémie pour intensifier une collaboration gagnant-gagnant. La Suisse romande pourrait peut-être un jour rivaliser avec la région de Boston qui a su rebondir en douze ans et devenir le hub mondial en matière de recherche pharmaceutique.

 

Valoriser les recherches académiques

Le chemin sera encore long à parcourir. Il s’agit de faire évoluer les mentalités, notamment au sein du corps professoral des universités de notre pays. Une mentalité qui était essentiellement focalisée sur la motivation à publier ses recherches, sans forcément se soucier d’amener un remède au patient. La France semble avoir entamé ce travail avec la mise en place d’un réseau de SATT (Sociétés d’accélération de transfert de technologies) qui ont pour rôle d’aider les équipes académiques à valoriser leurs recherches. La Belgique est aussi très active dans les initiatives de valorisation des recherches académiques avec la création de structures privées qui interagissent et aident les universités. Bref, le risque existe sérieusement que la Suisse s’endorme sur ses lauriers. Pourtant, l’heure n’est pas au repos. Alors que l’Union européenne menace la Suisse de représailles bien peu démocratiques – l’UE souhaite exclure notre pays du programme de recherche Horizon Europe – il convient que le Conseil fédéral et les cantons anticipent et trouvent des pistes pour y remédier.

 

https://www.bilan.ch/opinions/serge-guertchakoff/innovante-la-suisse-ne-doit-pas-se-reposer-sur-ses-lauriers

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